Un peu plus de deux ans après leur élection au sein du conseil municipal, Céline Pensalfini-Ramspacher et Jean-Michel Louche, membres du groupe d’opposition Saverne en Transition, dressent un premier bilan de cette expérience. Ils regrettent surtout un manque d’écoute sur les grands dossiers.

Céline Pensalfini-Ramspacher et Jean-Michel Louche.  PHOTO DNA - G.B.

Céline Pensalfini-Ramspacher et Jean-Michel Louche. PHOTO DNA - G.B.

 

Pas de regrets, mais quelques déceptions. Un peu plus de deux ans après leur entrée au conseil municipal, les deux membres de la liste Saverne en Transition ont l’impression de ne pas être toujours très écoutés par la majorité municipale du maire Stéphane Leyenberger. Pourtant, l’accueil de Jean-Michel Louche et Céline Pensalfini-Ramspacher le soir des élections municipales avait été chaleureux, reconnaissent-ils. « Les membres de la majorité nous ont dit qu’ils étaient contents de travailler avec nous », se rappelle cette dernière. Un discours rassurant qui correspondait à leur état d’esprit, à savoir « travailler sans dénigrement et confronter les points de vue pour faire avancer les choses ». Tout en restant conscients que défendre leurs idées sans faire partie de cette majorité serait « compliqué », admet Jean-Michel Louche.

« Travailler sans dénigrement et confronter les points de vue »

S’ils sont intégrés à l’étude de certains sujets dans diverses commissions où « tout se passe très bien », les deux conseillers municipaux savernois à la fibre écologique ont néanmoins l’impression d’être écartés des grands dossiers. Comme, par exemple, celui de la rénovation de la place du château : « On aurait aimé être davantage consulté, cela aurait été plus constructif, affirme Jean-Michel Louche. « On ne nous laisse pas de place de parole, ce qui est une perte d’efficacité pour la Ville », poursuit-il. « Nous avons tous les deux des compétences à apporter mais nous ne sommes pas écoutés », soupire Céline Pensalfini-Ramspacher.

« Nous ne sommes pas des empêcheurs de tourner en rond »

Elle doit alors batailler pour défendre ses projets, à l’instar des “Incroyables comestibles” qui consiste à créer des potagers en libre-service à différents endroits de la ville. « Au départ, ça n’a pas pris. Il a fallu qu’un groupe de citoyens prenne les choses en main pour que la Ville décide finalement de s’y intéresser ! » Scénario identique, d’après elle, concernant la place du vélo dans la ville : « Ça ne prend pas non plus, on nous dit que ce n’est pas une priorité. »

Ce qui frustre le plus les deux opposants de Saverne en Transition est le manque de considération : « On subit des moqueries quand on ne va pas dans le sens de la majorité. Ce n’est pas parce qu’on est contre quelque chose qu’on le fait de façon agressive », s’exclame Céline Pensalfini-Ramspacher. « On nous demande d’être courtois et constructif mais on ne tient pas compte de notre avis, c’est dommage », renchérit Jean-Michel Louche qui a découvert un maire « hyper directif ». « Tout doit passer par lui ! C’est une façon de travailler qui n’est pas du tout dans notre culture politique. » Quant aux 25 autres membres du groupe majoritaire, il leur reproche parfois de suivre leur chef de file « comme un seul homme » malgré des avis qu’il saurait divergents. « La démocratie y perd », lance-t-il. Quant aux rapports avec les autres groupes d’opposition, Saverne Naturellement et Saverne Positivement, « ils sont bons », affirment Céline Pensalfini-Ramspacher et Jean-Michel Louche. « Comme nous avons parfois du mal à avoir des données fiables sur des dossiers, nous échangeons des informations, nous discutons ensemble même si nous ne partageons pas les mêmes points de vue. »

« Agir pour la communauté »

Pour la suite de leur mandat, les deux représentants de Saverne en Transition ont toujours la même envie d’« agir pour la communauté » et de représenter leurs électeurs « en travaillant nos dossiers » et « en profitant de la moindre petite place qui nous sera laissée pour faire un peu bouger les choses ». Car il n’est pas question pour eux de se rebeller en pratiquant une opposition systématique à tous les projets. « Nous ne sommes pas des empêcheurs de tourner en rond », conclut Jean-Michel Louche.